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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 21:34

 

Il est quelle heure je suis heureuse il y a un arbre

La guerre le nucléaire heureuse il y a un arbre

Ce mille milliardième oiseau éteint un arbre

Une promesse de forêt d'oubli de je m'en vais

Quelle heure du soir comme du matin

Un arbre dressé franc qui remplit mes deux yeux

La page le paysage la fenêtre aussi bien

Un humain par seconde meurt il y a un arbre

Où la fille à l'escarpolette en l'air s'envoie

La joie en quels temps pays de vivre quoi

Il y a un arbre n'empêche pile juste ici

Levant couchant il tient en embranchement

La lune et le soleil le soleil et la lune

Un arbre un arbre voyageur impeccable

 

Valérie ROUZEAU

 

VROUZ

Edition : La table ronde

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 17:02

 

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin

Ciel dont j'ai dépassé la nuit

Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes

Dans leur double horizon inerte indifférent

le front aux vitres commes font les veilleurs de chagrin

Je te cherche par-delà l'attente

Par-delà moi-même

Et je ne sais plus tant je t'aime

Lequel de nous deux est absent

 

Paul ELUARD

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 18:21

 

 

...des nuages et la mer est noire

 

 

   Un cerne d'ombre peu à peu

qui gagnerait

   Tu sais la plage au soleil

on s'allonge

fermant les yeux confiance

faite à l'été

et puis ce froid soudain frissons d'où vient-il

on se redresse

des nuages simplement

gagnant de proche en proche

des nuages

et la mer est noire

   De proche en proche

meurtrissures

couleur de pensée meurtrissures

secrets scellant l'insomnie mauve

des paupières

et comme

dès l'origine attendu

l'état d'alerte à présent déclaré

 

 

MAIS C'EST AILLEURS TOUJOURS

édition Sac à mots

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 11:28

 

L'AVENTURE

 

Prends garde c'est l'instant où se rompent les digues

C'est l'instant échappé aux processions du temps

Où l'on joue une aurore contre une naissance

 

Bats la campagne

Comme un éclair

 

Répands tes mains

Sur un visage sans raison

Connais ce qui n'est pas à ton image

Doute de toi

Connais la terre de ton coeur

Que germe le feu qui te brûle

 

Que fleurisse ton oeil

Lumière

 

 

Les mains libres

Poésie  Gallimard

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 20:36

 

L’espoir comme un don

 

 Chaque fois qu’il pense à l’espoir, il se sent terrassé par la fatigue et l’ennui, il s’invente alors un mirage. Il se demande : avec quelle balance peser mon mirage ? Il chercha dans les tiroirs l’être qu’il était avant la question, il ne trouve pas de manuscrits où le cœur serait fragile ou frivole, ni de document qui attesterait qu’il s’était arrêté sous la pluie sans raison. Et plus il y pense, plus la distance  s’étend entre son corps devenu moins vif et son cœur atteint par la sagesse. Il ne répète pas la question : qui suis-je, tant il est préoccupé par le parfum du lys et la musique forte des voisins. Il ouvre la fenêtre qui donne sur ce qui reste de l’horizon, et il voit deux chats qui s’amusent en courant dans la rue étroite et une colombe qui fait son nid sur une cheminée. Il dit : l’espoir n’est pas le contraire du désespoir, il est peut-être la foi qui naît de l’indifférence des dieux à notre égard, qui nous laisse seuls compter sur nous-mêmes pour expliquer le brouillard. Il dit : l’espoir n’est pas une matière ni une idée mais un don. Il prend un cachet contre l’hypertension, oublie la question de l’espoir et ressent une joie indéfinie.

 

 

 Mahmoud DARWICH

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 10:36

 

Chute en aperçu

 

là est la porte par où tu vas

m'abandonner avant que de

tes yeux mon être disparaisse

et que nos silhouettes encore

se ratent dans le miroir et

que par pur hasard tu me

retrouves sur la chaussée

défoncé je l'avoue complètement

ravagé mais ainsi va la vie l'un

prend le large l'autre chute

des nues

 

Albert OSTERMAIER

 

HEARTCORE et autres poèmes

édition l'Escampette

 

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 21:21

 

Au commencement était un silence

patient et attentionné,

sentinelle des mots à venir.

 

A mi-chemin était un silence chaotique

d'où émanaient des fumerolles de poésies

des vapeurs de mots en pleine distillation.

 

A la fin était un silence

rempli de sentiments nouveaux

et de paroles inachevées

d'où naîtrait le silence de demain.

 

Michel THION

Traité du silence

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 12:30

 

J'ai dans la tête

une vie

comme un cercle

qui se dilate

sans cesse

 

 

Le Grand Rivage

 

Editions Gallimard

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 13:38

 

Les cygnes noirs

 

J'ai voulu m'arracher le coeur

pour nourrir les cygnes

Le fleuve s'est écarquillé

pour me laisser passer

Mais à mon poignet grisé

Un bracelet de fourmis

faisait trembler le geste

à m'en empêcher

Un bracelet de fourmis

me faisait dire non

quand je voulais oui

m'arracher le coeur

 

Un homme a passé sous mes yeux

la frontière entre celui qu'il fut

et cet autre qu'il sera

 

Pour mettre au présent

le bonheur de sa mue

Un homme est passé

de lui-même à lui-même


Intraduisible

 

J'ai voulu m'arracher le coeur

pour nourrir les cygnes

Je n'en avais plus besoin

Tu en sais quelque chose

Mais j'ai laissé gagner mon terrain

par un bracelet de fourmis grises

Jusqu'à coeur ouvert devenu mangeoire

J'ai voulu m'arracher le coeur

au jour de tant de morsures

Je me suis grisé


Un autre homme a passé

la frontière au galop


Intraduisible

 

Je me serais pris pour une citadelle

si j'avais été une citadelle

mais je n'avais pas le coeur

à me prendre pour ce que je suis

Et je me suis laissé prendre

Par les fourmis

A coeur ouvert, j'ai attendu

que le temps passe à refermer

la plaie de tant de morsures

J'ai attendu

J'ai regardé les hommes

J'ai compté les frontières

Même espéré un tant soi peu

 

Je me suis grisé

Les cygnes ont noirci dans le couchant

Et mon coeur

qui voulait dire oui

mais disait non

Il est resté là

Dans les fourmis

comme allongé dans les fougères

Il est resté là :

 

Intraduisible


 

Fabrice MELQUIOT 


Veux-tu ?

édition L'Arche

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 13:24

 

 

Pose ta main

là, sur mon front,

comme si ta main

était la mienne

 

Garde - moi fort,

comme à la mort,

comme si ma vie

était la tienne.

 

Aime - moi enfin

comme si c'était bien,

comme si mon coeur

était le tien.

 

Attila JOZSEF

 

éditions UNESCO


 

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  • : Le blog de rozenn evain
  • : ce blog permet de découvrir mon oeuvre artistique : peinture, poésie, land art, papiers collés. La rubrique : auteurs, propose un choix de poèmes d'auteurs ayant étés édités.
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